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Les parutions du mois d'août chez Actes Sud et Rivages

Publié le 08/06/2022
Oui, la Rentrée est presque là!
Chien 51, Laurent Gaudé, 978-2-330-16833-9, 17/08/2022
Autrefois, Zem Sparak fut, dans sa Grèce natale, un étudiant engagé, un militant de la liberté. Mais le pays, en faillite, a fini par être vendu au plus offrant, malgré l’insurrection. Et dans le sang de la répression massive qui s’est abattue sur le peuple révolté, Zem Sparak, fidèle à la promesse de toujours faire passer la vie avant la politique, a trahi. Au prix de sa honte et d’un adieu à sa nation, il s’est engagé comme supplétif à la sécurité dans la mégalopole du futur.
Désormais il y est “chien” – c’est-à-dire flic – et il opère dans la zone 3, la plus misérable, la plus polluée de cette Cité régie par GoldTex, fleuron d’un post-libéralisme hyperconnecté et coercitif. Mais au détour d’une enquête le passé va venir à sa rencontre.
Avec "Chien 51", Laurent Gaudé s'aventure dans le "futur" ; à la fois lyrique, philosophique et tragique, politique aussi, c'est toujours l’homme qu’il questionne.

Un heure de ferveur, Muriel BARBERY, 978-2-330-16825-4, 17/08/2022

Haru, un marchand d'art japonais, un homme solitaire, séducteur, amant le temps de dix nuits de Maud, une Française de passage à Kyoto, perd sa légèreté le jour où celle-ci lui interdit d’approcher l’enfant née de leur liaison. Littéralement bouleversé, Haru éprouve un sentiment paternel irrépressible. Il accepte pourtant la cruelle injonction.
Par l’entremise d’un photographe dont il achète les services et la discrétion, il va dorénavant passer sa vie à observer sa fille Rose au fil des images volées.
À travers cette histoire se dessine la vie d’un Japonais habité de beauté et d’invisibles, un personnage d’une grande intériorité entouré d’amis avec lesquels il traverse désastres, désespoirs et commencements.
Les lecteurs de "Une rose seule" reconnaîtront le personnage de Haru et celui de Rose, sa fille tant aimée, du magnifique Keisuke, de Beth, Sayoko et Paul, les complices. Si "Une heure de ferveur" peut composer un diptyque avec "Une rose seule" (72 000 ex. en édition courante, parution en Babel ce mois de mai), ils peuvent se lire totalement indépendamment.

L'Ile hauteValentine GOBY, 978-2-330-16811-7, 17/08/2022

Un enfant arrive en hiver dans une région de haute montagne. Parisien il découvre la neige pour la première fois. Un décor impensé, impensable se dresse devant lui, cerné de pics et de glaciers qui par instant se dessinent dans l’épaisseur du brouillard. Dans cette vallée isolée en haute montagne, à courte distance du Mont-Blanc, la nature règne en maître au rythme des saisons, ces cycles immuables au cours desquels des hommes et des femmes, des gosses, aux vies modestes mais d’une humanité décuplée par le sens et la nécessité de leurs tâches, vont partager leur monde avec ce citadin, ébahi.
Temps de guerre, temps de tourments, temps de fuite, irruption de la montagne comme recours ; ces pages magnifiques sont une échappée salvatrice.
Valentine Goby donne probablement ici le meilleur de ses romans, la portée de son livre est fascinante. Toute l’altitude d’un écrivain.
Parution simultanée de "La Fille surexposée" en Babel / "Kinderzimmer", 13 prix littéraires dont celui des Libraires : 65 000 ex. (AS + Babel) / "Un paquebot
dans les arbres" : 45 000 ex. (AS + Babel).

L'InventeurMiguel BONNEFOY, 978-2-7436-5703-1, 17/08/2022

France, milieu du XIXe siècle. Voici l'étonnante histoire d'Augustin Mouchot, fils de serrurier de Semur-en-Auxois, obscur professeur de mathématiques, devenu inventeur de l'énergie solaire grâce à la découverte d'un vieux livre dans sa bibliothèque. La machine qu'il construit et surnomme Octave séduit Napoléon III et recueille l'assentiment des autorités et de la presse.
Elle est exhibée avec succès à l'Exposition universelle de Paris en 1878. Mais l'avènement de l'ère du charbon ruine ses projets que l'on juge trop coûteux. Après moult péripéties, dans un ultime élan, Mouchot tente de faire revivre le feu de sa découverte sous le soleil d'Algérie. Trahi par un collaborateur qui lui vole son brevet, il finit dans la misère, précurseur sans le savoir d'une énergie du futur.
Quand le Second Empire, tout entier voué au culte de la science, rencontre la plume fantasque et moirée de Miguel Bonnefoy... ce roman fait des étincelles, évidemment !
"L'inventeur" raconte l'histoire d'Augustin Mouchot, un homme sans éclat, pourtant génial au point de conquérir le soleil, de se servir de ses rayons pour faire de la glace, de faire éclore des fleurs dans le désert algérien. Après "Héritage" (2020, prix des libraires, 60 000 ex vendus), le romancier change de décor mais trempe toujours sa plume dans la même encre ardente et chatoyante, pour nous conter le destin tragique et pathétique d'un inventeur oublié, victime de la bêtise, de la méchanceté et de la cupidité des hommes - le destin d'un Sisyphe trop en avance sur son temps, qui résonne évidemment avec une ironie cuisante dans notre époque et ses problématiques d'énergies fossiles.

Un enfant sans histoireMinh TRAN HUY, 978-2-330-16920-6, 17/08/2022

La naissance de son fils Paul scelle la rencontre de Minh Tran Huy avec l’autisme. Quelles qu’en soient les causes, qui continuent d'être débattues, et quels que soient les traitements proposés, les formes graves de l’autisme se heurtent, en France, à la rareté des structures d’accueil comme à la désinvolture des engagements électoraux. Racontée en écho au parcours de Temple Grandin, autiste devenue spécialiste de zootechnie et des sciences animales, incarnation en Amérique d’une intégration flamboyante, la vie quotidienne de/avec Paul requiert l’énergie d’un combat sans fin.
Récit ? Roman ? Témoignage ? Aucun genre ne saurait définir l’histoire d’un fils qui jamais ne saura la lire.
Tout en offrant une photographie – glaçante parce que sans complaisance et sans fard – de l’état de la prise en charge de l’autisme en France (grande cause nationale depuis 2012...), Minh Tran Huy réussit un livre qui va bien au-delà du témoignage. C’est en écrivain hautement structurée que la mère en détresse échafaude son récit et trouve comment raconter Paul. Un livre dont la dignité et la détermination engagent le lecteur aux côtés de l’auteure : car c’est de l’universalité de ce combat personnel qu’elle parvient à nous rendre conscients et dépositaires.
Un texte nécessaire. Par la gravité de son sujet, très documenté - il y a plus de 700 000 autistes en France ; les professionnels de santé ne sont pas formés, à cause d'un conflit freudien ; les soins ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale, à cause de la définition-même de ce qui est médecine ; la France a déjà été condamnée 5 fois par le Conseil de l'Europe pour discrimination, défaut d'éducation - et par la justesse du témoignage.
Pour Paul, le diagnostic est lourd. Il n’appartient pas à la catégorie Hollywoodcompatible des autistes “à haut-potentiel” - il faut faire le deuil de l’enfant secrètement génial et se résoudre à tenter de l’adapter autant que possible à un monde qui n’a pas franchement prévu de place pour lui. Avec calme, précision, détermination, Minh Tran Huy alterne deux lignes de vies, celle de Paul et celle de Temple Grandin, dont la dissonance-même produit la puissance du propos : Paul, lui, ne peut pas conquérir son histoire. Bouleversant, et révoltant.

Moi qui ai souri le premierDaniel ARSAND, 978-2-330-16922-0, 17/08/2022

Un viol, une disparition (vécue comme un abandon), un passage à tabac, trois moments de violence inouïe qui creusent la béance sur laquelle s’échafaude, dès avant l’âge « adulte », la jeune vie d’un garçon homosexuel. Trois souvenirs d’adolescence qui signent plus encore que la fin de l’innocence, la fin prématurée des promesses. Ce texte brûlant, le plus intime et le plus cru de Daniel Arsand, peut se lire comme le making of de son incroyable roman, "Je suis en vie et tu ne m’entends pas". Mais aussi, comme le un-making de toute une vie ou les effets des violences sexuelles sur la vie et la construction de ceux qui les subissent.
Daniel Arsand traque au sein de son histoire les mécanismes saccageurs d'une société homophobe, qui, parce qu'elle induit la violence au coeur intime d'une sexualité stigmatisée, bousille la possibilité-même de l'amour, la confiance, au moment de la découverte du désir. Sa langue - sublime - recompose la rage et la tristesse, d'une extrême crudité elle crie la douleur, puis accompagne tout en douceur le gisant qui revient à la vie... ce très beau livre se tient toujours à la distance exacte, minimale, de l'insoutenable réalité. "Il est des voyages en littérature qui modifient la résistance du lecteur.
Le magnifique roman de Daniel Arsand est de ceux-là, qui le laisse profondément bouleversé, déplacé de l'intérieur." Le Monde des livres, à propos de "Je suis en vie et
tu ne m'entends pas"

Variations de PaulPierre DUCROZET, 978-2-330-16924-4, 17/08/2022

Après "L’invention des corps" et "Le grand vertige", toujours en phase avec les vibrations du monde, Pierre Ducrozet change de focale pour raconter une famille dont l’astre vital est la musique, une famille où l’amour (et les malentendus) circulent dans toutes les tonalités. Où l’on retrouve son énergie, sa plasticité, sa vitesse au service d’une profondeur nouvelle dans une anti-saga affranchie des modèles, une histoire intime, sauvage et informelle de la musique au XXe siècle, un roman qui danse et qui sonne comme un concert et une tempête. Au plus près des personnages, dans l’exploration de ce qui les lie et les délie, "Variations de Paul" nous happe et nous bouleverse.
Une famille, oreille géniale et chambre d'écho au monde, sur trois générations. Antoine grandit au piano, à l'ombre du chaos européen. Paul, son fils, vit sa passion pour la musique à coups d'arythmies - chaque arrêt cardiaque est pour lui un nouvel élan, son coeur ne s'arrête que pour mieux repartir. Chiara, fille de Paul et petite-fille d'Antoine, a, elle, la musique dans la peau. Et saute à pieds joints dans l'euphorie électronique de Berlin pour essayer de semer son héritage. Une histoire de transmission syncopée, à la cadence impossible, des pentes de la Croix-Rousse aux lignes brisées new-yorkaises, en passant par les adresses secrètes de l’underground berlinois - et les quatre coins du monde. "Variations de Paul" est une épopée du son, un ballet de sensations, de Debussy à Daft Punk – où à chaque page retentit une époque.

Une somme humaine, Makenzy ORCEL, 978-2-7436-5714-7, 17/08/2022

Dans ses carnets, la narratrice raconte l’enchaînement de drames qu’a été son existence, de son enfance chaotique dans le sud de la France à l’abandon final sur les rails du métro. Née dans un village où rumeurs et légendes vont bon train, elle côtoie notamment le drôle d’Enfant-Cheval et le Drôle de Curé qui vient tous les jours prendre l’apéro à la maison. Lorsqu’elle est violée par l’oncle, en revanche, la vérité, étouffée par ses géniteurs, peine à éclater. Livrée à elle-même, elle n’a plus qu’une idée en tête : rejoindre Paris et renier son passé. Elle tentera de trouver sa place dans l’épuisante métropole, entre études, rencontres et solitude, auprès de sa propriétaire rescapée d'Auschwitz, de sa voisine comédienne fantasque, d'Orcel son grand amour éphémère et de l'horrible Makenzy.
Poète et romancier, Mackenzy Orcel a reçu de nombreux prix littéraires pour son œuvre.
XXIe siècle qui ne saura pas échapper aux injonctions au bonheur, et dont la vie ne sera qu'une lente, et dure, déception - destinée tragique, et largement partagée, des femmes de notre temps. "Je crois que j’avais peur que la petite fille que j’avais été revienne pour se trouver face à une femme impuissante, plus seule que jamais, avec ses failles, alors, au fur et à mesure que le temps passait, à force de m’obstiner, d’insister pour que le miroir me renvoie une image de moi non inversée, j’avais perdu le sens du réel." [extrait] Makenzy Orcel est l'auteur aux éditions Zulma de "L'Ombre animale", "Maître-Minuit", "Les immortelles", et de "L'Empereur" aux éditions Rivages (2021).

Moi en plus beauGuillaume LE TOUZE, 978-2-330-16923-7, 17/08/2022

Xavier, un archéologue ferroviaire se perd en pleine nature sur les traces de ces lignes de chemin de fer abandonnées qui ont emporté avec elles des villages et de petites communautés humaines désormais dispersées. Benoît, son frère, presque un jumeau, n’est jamais très loin. A la disparition de leur mère, bien que présentant des troubles autistiques, c’est lui qui saura recomposer ce qu’ils n’avaient pas vu, connu de cette femme. Quant à Clara, l'amie de Xavier, elle travaille à une thèse sur les écrivains qui un jour décident de ne plus écrire, là aussi des lignes s'interrompent.
Que faisons-nous de l'existence des disparus ? Pourquoi les choses s'arrêtent, disparaissent ? Un roman où l’image que nous gardons des disparus se libère des émotions, les transformant en personnages inoubliables qui nourrissent nos imaginaires et enchantent nos vies. Un livre singulier, d'une intense délicatesse.

Ces solitudes frôlées d'un trait aussi grave que grâcieux, cela ne trompe pas, on est là dans un roman de Guillaume Le Touze. Quel est le cheminement poétique que nous parcourons pour faire des êtres aimés, débarrassés de leurs rôles, des personnages inoubliables ? Dans ce roman, Guillaume Le Touze poursuit sans relâche des lignes de vie apparemment ensevelies, et nous raconte une histoire douce comme l'espoir. Son précédent roman, "La mort du taxidermiste", paraît en Babel sur ce même programme.

La PassagèreAmélie Fonlupt, 978-2-7436-5716-1, 17/08/2022

Îles du Cap-Vert, années 1960. Fuyant la pauvreté et l’oppression coloniale qui règnent dans cet archipel de sable battu par les vents, Mamé s’exile en France avec sa fille Reine. Alors qu'elle a bientôt le mal du pays et finit par y retourner, Reine s’adapte et trouve un emploi d’aide-ménagère.De son second mariage naît l’héroïne, Léna, qui vit le sort des immigrés de seconde génération, écartelée entre des origines lointaines, qu’elle ne connaît que par ouï-dire, et auxquelles sans cesse on la renvoie, et son pays de naissance. Sa passion pour le piano qu’elle cultive auprès de son professeur de musique l’aidera-t-elle à surmonter ses doutes et à s’ouvrir de nouveaux horizons ? Quelles parts de son passé, de son héritage, devra-t-elle perdre ou garder pour se réconcilier avec elle-même ?
Un premier roman sobre et délicat, qui restitue avec finesse les émotions complexes et contenues de son héroïne.

Les SablesBasile Galais, 978-2-330-16921-3, 17/08/2022

Une Cité portuaire, une succession de dérèglements, de disparitions : un enfant, un morceau de terre, un Guide Suprême déjà mort plusieurs années auparavant... Ronde de personnages saisis au cœur du vertige - des hommes et des femmes « qui tombent », en somme -, mystère topographique, plongée dans les sables mouvants de l'intranquillité contemporaine, un premier roman-monde en haute définition et diablement DeLillien par un auteur-regardeur de 26 ans doué d'une puissance d’évocation impressionnante.

Le PREMIER ROMAN de Basile Galais, qui se place sans équivoque sous l'ombre tutélaire de Don DeLillo, est l'incarnation en mots - et en images, tant ce livre est immédiatement évocateur - d'un - mauvais - pressentiment. Le vide sur lequel est bâti la ville, le manque malgré lequel se sont construites les vies des silhouettes qui l'habitent, n'est pas identifié. Cet oubli est insaisissable - mais il agit comme un aimant. Une fake news tourne en boucle. Un bruit blanc s'installe - permanent. Tout est envahi par le doute. Il manque un rien, et le trouble saisit chacun. Un texte virtuose sur notre rapport à la perception, une expérience en soi!

SudAntonio SOLER, 978-2-7436-5720-8, 24/08/2022

Chronique d’une journée d'été caniculaire en ville, « Sud » emporte le lecteur dans un plan séquence d’une virtuosité folle, où se croisent toute une humanité de personnages : des adolescents au bord de l’abîme, des femmes et des hommes qui tentent de saisir leur destin, un tourbillon de voix quasi hypnotique. Styliste incomparable, Antonio Soler invente une musique, un regard qui plongent au tréfonds de l’âme humaine et donnent à ce roman la saveur unique du réel transcendé par le génie littéraire. Antonio Soler est à mettre au rang des grands noms de la littérature espagnole : Javier Marías,
Jaume Cabré ou Manuel Vilas. Salué comme son chef d’œuvre, « Sud » a reçu les plus prestigieux prix littéraires, dont le Premio de la Crítica et le prix Juan Goytisolo.
** COUP DE FOUDRE ! ** L'aube est laiteuse, la chaleur déjà accablante. Un corps gît à terre, cette terre de désert, encore chaude, faite de morceaux de briques, de plastique, de mégots, de canettes. Il grouille de fourmis. Braquant sa plume sur ce corps immobile et mouvant, Antonio Soler nous entraîne dans un plan séquence de 24 heures, attrapant un personnage puis un autre ; "les oiseaux dessinent un enchevêtrement de lignes invisibles dans le ciel, les fourmis travaillent comme des mécanismes métalliques, des appareils sans vie, et les hommes déambulent, s'activent comme seuls s'activent les hommes, ils s'usent, se fatiguent et se perdent", pour embrasser en une journée acméique tout ce que l'âme humaine vit de chaos, de désirs, de pulsions, de débâcles, d'obsessions, de beauté. Sous un soleil de plomb, impitoyable. Et sous haute tension : ça grésille de toute la vérité des vies traversées.
«Toute l’oeuvre précédente d’Antonio Soler confluait vers ce roman magistral » La Vanguardia

Fiction française et étrangère